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De Antoni Raluca
Chez nous

Consultation de pré-anesthésie: le virage virtuel

Temps de lecture: 3' Posté le Par Clémentine Fitaire, Laetitia Grimaldi

Un projet pilote de consultation à distance est actuellement en test à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. Alors que l’on utilise largement la téléconsultation en ophtalmologie dans d’autres pays comme les États-Unis, le concept reste assez nouveau en Suisse.

Désireux de proposer ce service inédit de consultation à distance à ses patients, l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin mène actuellement un projet pilote pour ses consultations de pré-anesthésie. La plateforme technique utilisée, mise également à disposition des médecins de ville et des services d’aide à domicile par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), pourra concerner de nombreux patients souhaitant plus de flexibilité, ne pouvant se déplacer aisément ou habitant loin.
« Cet outil de téléconsultation est simple d’utilisation et sécurisé, explique Séverine Limouzin, cheffe du projet. Il peut être utilisé sur smartphone et ne nécessite plus d’être devant un ordinateur. » Déclinée en plusieurs langues, la plateforme sera également adaptée aux patients germanophones ou italophones.

Le rendez-vous d’une demi-heure environ, destiné à préparer une intervention, a généralement lieu dans les jours ou semaines qui la précèdent.
« Mais l’examen physique ne peut pas se faire à ce moment-là, prévient la Dre Raluca de Antoni, médecin anesthésiste. Cette consultation sert surtout à recueillir des informations sur le patient et à lui expliquer en quoi consiste l’anesthésie générale. »
L’auscultation cardiorespiratoire, l’évaluation des critères d’intubation ou encore la signature du consentement seront réalisées sur place à l’hôpital, le jour de l’intervention.

Améliorer le confort du patient

Gain de temps et d’énergie, économie de transport : la téléconsultation est généralement très appréciée des patientes et patients.
« Les gens sont également bien plus à l’aise lorsqu’ils sont chez eux dans un contexte familier et non pas hospitalier, constate Raluca de Antoni. Sans cette angoisse de la blouse blanche, ils sont plus enclins à communiquer avec le médecin. »

Mais si elle présente de nombreux avantages, cette consultation à distance n’est pas universelle.
« Il faut sélectionner les patients concernés, ajoute l’anesthésiste. Certaines personnes sont réticentes à l’idée de parler à un écran. La technologie peut être un frein. »
Dès lors, pour les personnes âgées par exemple, une assistance technique (proche, aide-soignant·e ou encore infirmier·e) doit être envisagée. Car le confort que permet la téléconsultation, surtout chez les personnes qui ont des difficultés à se déplacer, est réel. La phase pilote de ce projet devrait donc se pérenniser et ouvrir la réflexion pour développer d’autres consultations ophtalmologiques virtuelles.

« L’expérience de consultation à distance s’est révélée positive à 100 % »

Du haut de ses 12 ans, Thomas, non voyant depuis l’âge de 3 ans, a déjà subi une quarantaine d’opérations. Pour la dernière en date, la consultation de pré-anesthésie s’est déroulée depuis chez lui. Sa mère, Sabine*, en a été ravie.

« Thomas (prénom d’emprunt) a subi tellement d’opérations des yeux que nous avons saisi cette opportunité de faire la consultation de pré-anesthésie depuis la maison. Vivant à Neuchâtel, cela nous a permis de gagner deux heures et demie. Thomas n’a pas eu besoin de rater l’école. Un avantage pour cette opération qui ne durait elle-même qu’une heure et demie et était réalisée en ambulatoire. Il s’agissait d’opérer des entropions (retournement des paupières entraînant une pousse des cils vers l’intérieur de l’œil, ndlr).

En une quinzaine de minutes, et après envoi du questionnaire médical requis, nous avons ainsi pu aborder avec la doctoresse tous les points utiles, comme les questions d’allergies et d’antécédents médicaux. Thomas a pu parler de ses craintes. Il reste par exemple marqué par des épisodes de vomissements qu’il a connus après certaines opérations. L’anesthésiste l’a rassuré tout aussi bien que si nous l’avions vue dans son cabinet. Pour mon fils comme pour moi, l’expérience s’est révélée positive à 100 %. »

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