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Distinction de deux chercheurs de l'Hôpital ophtalmique Jules-Gonin lors des Swiss ophthAWARDS
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Swiss ophthAWARDs 2021

Temps de lecture: 5' Posté le

Lors du Congrès annuel de la Société suisse d’ophtalmologie (SSO) de 2021, organisé à St-Gall, deux chercheurs de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin se sont distingués par leurs travaux. Benedetta Granceschiello, PhD (en co-auteur avec Lorenzo Di Sopra, PhD, de l‘Université de Lausanne) ainsi que Florian Udry, PhD. Coup d’œil aux Swiss ophthAWARDs.

Qui est la SSO ?

La Société Suisse d’ophtalmologie (SSO) participe et encourage le développement et la pratique de l’ophtalmologie dans la recherche et la clinique. Elle coordonne la formation (initiale, postgraduée et continue). Elle offre également un espace de rencontre et d’échange à tous les ophtalmologues exerçant en Suisse.

La SSO est au centre des collaborations entre les associations professionnelles, sociétés spécialisées, groupes professionnelles et également diverses institutions nationales et internationales. Depuis sa fondation en 1907, elle organise chaque année un congrès réunissant tous ses membres. Durant quelques jours, des médecins ophtalmologues ainsi que des chercheurs exposent leurs recherches et échangent sur des thématiques d’actualités. La SSO décerne ensuite différentes distinction pour valoriser certains travaux.

Pour en apprendre plus sur la SSO, n’hésitez pas à consulter leur site internet.

Que sont les Swiss ophthAWARDs ?

Les SWISS ophthAWARDs récompensent des publications issues de la recherche fondamentale (Best Experimental Work) ou clinique (Highest Clinical Relevance) en ophtalmologie. Une troisième catégorie, le « Jury’s Choice », a été créée pour récompenser une recherche. La qualité de celle-ci équivaut à celle des nominés lors des Swiss ophthAWARDs pour les deux premières catégories.

À savoir que pour qu’un travail de recherche puisse être nommé aux Swiss ophthAWARDs, il doit être réalisé en Suisse et son auteur-e doit être âgé-e de moins de 45 ans.

Highest Clinical Relevance – Benedetta Franceschiello & Lorenzo Di Sopra

Imagerie par résonance magnétique sur l’œil mobile

Une technique développée à Lausanne pour l’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet d’examiner aussi un œil en mouvement. Il pourrait en résulter une branche d’examen entièrement nouvelle.

Lors des examens de l’œil, il est difficile pour de nombreux patients de fixer avec l’œil pendant une durée suffisamment longue pour obtenir une image diagnostique. Ce constat est d’autant plus vrai chez les petits enfants, les personnes âgées ou les personnes ayant une capacité visuelle limitée. Les Docteurs Benedetta Franceschiello et Lorenzo Di Sopra, ont rendu possible d’examiner l’œil en mouvement lors des procédures d’IRM. Les deux lauréats font partie d’une équipe de neuroscientifiques, informaticiens, mathématiciens, ingénieurs et optométristes. Il font parti du département de radiologie du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV), de l’Université de Lausanne (UNIL), de la Fondation Asile des aveugles (FAA) à Lausanne et du CIBM Centre d’Imagerie Biomédicale.

La nouvelle technologie a « seulement » besoin d’un appareil d’IRM standard. Elle a besoin aussi du matériel standard pour enregistrer l’oculométrie (eyetracking) des sujets. Cela permet une transposition rapide dans la pratique clinique quotidienne des hôpitaux et cliniques. Les mesures extraites au travers de la technologie IRM ont été validées. Elles coïncident avec énorme précision avec les données recueillies par biométrie et celles recueillies par oculométrie, c’est-à-dire la mesure de la rotation de l’œil.

L’analyse IRM de l’œil en mouvement peut ouvrir des voies d’examen absolument nouvelles. Il répond non seulement (comme une procédure IRM classique) à des questions anatomiques, mais permet aussi d’élucider des processus neurophysiologiques et fonctionnels. Comment améliorer la planification et le suivi chirurgical (par exemple en cas de strabisme) ? Comment fonctionne la perception ? Quels protocoles sont les plus adaptés à la réhabilitation fonctionnelle ? Les réponses à ces questions (et bien d’autres encore) deviennent désormais possibles. 1

Jury’ Choice – Florian Udry

Le transfert génique seul ne suffit pas

L’épithélium pigmentaire rétinien (EPR) avec sa couche unicellulaire de cellules épithéliales possède des fonctions indispensables pour la rétine. La participation de l’EPR à la transformation du all-trans-rétinal en 11-cis-retinal, qui amorce la phototransduction dans les photorécepteurs de la rétine humaine, est essentielle. Pour ces processus de recyclage, l’EPR exprime entre autres l’enzyme RPE65, qui joue un rôle central dans la rétine. Un déficit grave en protéine RPE65 conduit à l’amaurose congénitale de Leber de type II (LCA2). Dans ce contexte, il se produit dès la naissance une cécité nocturne. À la lumière du jour, une atteinte de la vision progresse à mesure que l’on avance en âge. Elle peut entraîne potentiellement une cécité.

La thérapie par augmentation du gène RPE65 été couronnée de succès dans des modèles animaux. Elle a donc été poursuivie dans le cadre de plusieurs études cliniques sur l’homme. Cependant, l’augmentation du gène RPE65 n’a jamais permis d’obtenir chez l’homme le degré de préservation de la vision qui a été observé sur les modèles animaux.

Un nombre croissant d’observations indiquent que les thérapies géniques actuellement employées ne produisent pas une expression suffisante de la protéine RPE65. En conséquence, le besoin élevé en chromophores de la rétine humaine n’est pas couvert. Cela expliquerait l’écart entre les patients atteints de LCA2 et les modèles animaux.

Le travail de Florian Udry

Florian Udry et le groupe de recherche du Pr. Arsenijevic à l‘Hôpital ophtalmique Jules-Gonin ont développé et caractérisé un modèle d’EPR in vitro dérivé de cellules souches humaines pluripotentes induites (hiPSC). Le potentiel de ce modèle a été étudié dans le cadre d’une thérapie par augmentation du gène RPE65 à médiation lentivirale. Un effet dose-dépendant sur le taux d’ARNm-RPE65 et une expression significativement élevée ont pu être démontrés. Cependant, seule une régulation à la hausse modérée de la protéine RPE65 a été observée. Cela indique une possible régulation RPE65 post-transcriptionnelle après le transfert génique, dont le mécanisme reste encore à élucider. 2

1-2 source : ophta • 5 / 2021 p324-328 https://www.ophta.ch/)

Dernière modification le
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