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Photo d'une femme aux courses avec son enfant.
Rapport annuel

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Temps de lecture: 4' Posté le Par Esther Rich

S’engager pour une accessibilité universelle

Concerts immersifs, sport adapté, projets de recherche et apprentissages du quotidien : en 2025, la Fondation a multiplié les actions pour renforcer l’inclusion, l’autonomie et l’accès à la culture des personnes malvoyantes, de tout âge.

Grâce au soutien d’une fondation lausannoise, des bénéficiaires malvoyants de PORTAILS et du service de réadaptation basse vision ont assisté à l’extraordinaire concert « Lueurs auditives » à l’église Saint-François à Lausanne avec Jean-Pierre Leguay, organiste émérite de la cathédrale Notre-Dame de Paris, lui-même aveugle. « Le concert s’est tenu dans une semi-obscurité permettant au public voyant d’être concentré sur les sons plutôt que sur l’environnement visuel. C’est une manière de le sensibiliser à ce que vivent celles et ceux dont la vue est altérée », explique Juliette Fahlenbrach, responsable du mécénat et des relations donateurs.

En décembre, dans le cadre de la série Le Grand Récital, le pianiste polonais Piotr Anderszewski s’est produit à la salle Métropole de Lausanne pour le plus grand plaisir des bénéficiaires qui ont également profité de billets offerts. « Je suis heureuse de ces collaborations en faveur de l’accessibilité culturelle », ajoute la responsable du mécénat.

Un concert dans le noir pour se concentrer sur les sons plutôt que l’environnement visuel

Si l’accès à la culture est un pilier de l’inclusion, le sport l’est tout autant. La malvoyance ne doit pas empêcher sa pratique. Ainsi, en octobre, la Fondation Asile des aveugles et le World Archery Excellence Centre de Lausanne ont organisé une journée d’initiation au tir à l’arc pour des enfants et des jeunes malvoyants. Elles et ils ont pu découvrir un sport alliant concentration, coordination et ressenti corporel. Une expérience inédite, qui démontre qu’avec les bons outils, la précision ne dépend pas uniquement de la vue.

Photo d'une enfant malvoyante lors de l'activité tir à l'arc.
Photo d’une enfant malvoyante lors de l’activité tir à l’arc.

Emotions, interactions sociales et malvoyance

A l’été 2025, deux projets initiés par PORTAILS sont arrivés à leur terme. Le premier concerne les prestations liées au développement des compétences socio-émotionnelles (CSE). Avec les Universités de Fribourg et Genève et le CPHV, PORTAILS s’est intéressé à cette thématique, car les personnes dont la vision est déficiente réagissent parfois différemment dans les situations sociales, ce qui peut entraîner des malentendus. Ensemble, ils ont travaillé à une définition commune des CSE au sein de l’institution, puis défini les éléments spécifiques au déficit visuel afin de proposer une prise en charge adéquate. Ainsi les spécialistes du déficit visuel ont pu mettre en valeur leur travail et intégrer ce type de compétences dans l’accompagnement des personnes concernées, à tout âge : bébés, élèves, adultes et seniors. Ce projet a été rendu possible grâce à un financement de la Loterie Romande. 

Le deuxième projet, terminé en juin, concerne l’élaboration de tests d’orientation professionnelle accessibles aux personnes avec une déficience visuelle. Il n’existait jusqu’alors pas de matériel adapté à cette population. Malgré des aménagements, les résultats étaient ainsi souvent biaisés. Ce projet a été réalisé en collaboration avec la Haute École Arc de Neuchâtel et il a été financé par le Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées.

Enfin, dans la continuité de la mission d’inclusion des personnes malvoyantes, les élèves du CPHV ont réitéré l’expérience des courses à la petite Migros proche de l’école. Chaque semaine, plusieurs élèves s’y rendent pour rapporter les ingrédients que les camarades prépareront en cuisine. « Cela leur permet de se confronter aux réalités de la vie. Elles et ils doivent d’abord s’orienter pour le trajet puis faire les achats selon une liste reçue au préalable. Puis, elles et ils doivent trouver tous les ingrédients dans les rayons et enfin payer, soit avec de l’argent liquide, soit avec une carte prépayée », explique Béatrice Aenishaenslin Mamin, responsable des approches transversales au CPHV. Cet exercice, loin d’être anodin, nécessite plusieurs aptitudes de la part de l’élève et engage également différents professionnel-les de l’école.

Des tests d’orientation professionnelle accessibles pour une meilleure inclusion

Etablir la liste en accord avec la cuisine, être en mesure de la lire, préparer le parcours, savoir trouver un ingrédient de remplacement si celui sur la liste n’est pas en stock, oser demander de l’aide au personnel du magasin : autant d’étapes importantes pour renforcer l’autonomie des enfants. « C’est une activité que les jeunes jugent plutôt stressante au départ, mais qui les valorise et les autonomise énormément. Elles et ils en redemandent ! », conclut la responsable.

Cet article fait partie du Rapport annuel 2025. Lire la suite
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