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La pianiste Nina Sofronski joue du piano avec un enfant.
Bienvu!

De la musique à l’hôpital

Temps de lecture: 5' Posté le Par Elisabeth Gordon

Chaque semaine, une pianiste vient jouer de la musique pour des enfants.

En collaboration avec la Fondation Planètes Enfants Malades (FPEM), l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin offre une pause de musique aux enfants traités au sein de l’unité d’oncologie pédiatrique. Un moment d’apaisement et de gaieté, apprécié par le jeune public, mais aussi par les parents et le personnel soignant.

Un concert rien que pour eux. Tous les vendredis, la pianiste Nina Sofronski est présente dans l’unité d’oncologie pédiatrique où sont accueillis les enfants souffrant d’un rétinoblastome (cancer oculaire pédiatrique), avant ou après une opération. Ces interventions se faisant en hospitalisation de jour, les jeunes patientes et patients ne restent que quelques heures sur place. Mais à ces âges-là, le temps paraît vite bien long. C’est pourquoi, depuis quelques années, « grâce aux donations, nous organisons différentes activités à leur intention », se réjouit Fanny Casas, infirmière-cheffe de l’unité d’hospitalisation. Un clown de la Fondation Théodora vient par exemple deux fois par semaine distraire les enfants. L’équipe soignante souhaitait toutefois diversifier davantage les animations. La Fondation Planètes Enfants Malades (FPEM) lui en a donc proposé une nouvelle, musicale cette fois.

Des pièces musicales lumineuses

C’est ainsi que, depuis un peu plus d’un an, Nina Sofronski, intervenante musicale auprès de la FPEM, vient jouer une fois par semaine pour ces jeunes patients et patientes. Disposant d’un piano électrique acquis par l’hôpital et monté sur roulettes, elle se déplace de chambre en chambre. Puis, elle installe son instrument dans l’espace de jeux attenant, « au milieu des cubes et des petites voitures », comme le décrit Marine, maman de Sophie qui est âgée de 2 ans et demi (lire plus bas).

Nina Sofronski a une grande expérience en la matière. En effet, elle joue régulièrement depuis plusieurs années pour les enfants malades au Centre hospitalier universitaire vaudois. Pour les distraire, « il faut avoir un répertoire et bien le connaître. Il faut s’adapter au rythme de l’hôpital et être très pédagogue », précise-t-elle. Avant d’ajouter : « Les pièces interprétées doivent être diversifiées et toujours lumineuses. »

Elle les choisit donc en fonction des réactions des enfants. Cela peut être de la musique classique, en particulier du Mozart « que tout le monde aime », constate-t-elle. Elle joue aussi des musiques de film, comme celles de Titanic ou de Pirates des Caraïbes, du jazz, des airs traditionnels de différents pays – car les jeunes patientes et patientes viennent de toute l’Europe –, ou encore du rap pour les ados. « Chaque semaine, c’est différent », note la pianiste. L’important, ajoute-t-elle, est « d’établir un lien avec l’enfant. Il faut instaurer un climat de confiance et l’inciter à s’engager, dans la mesure où il le permet ». « Les interventions de Nina Sofronski sont toujours spontanées », confirme Fanny Casas.

Pour soulager l’anxiété

À l’instar de la petite Sophie, la plupart des enfants sont sensibles à cette musique qui soulage l’anxiété souvent ressentie lors de leur visite à l’hôpital. Nina Sofronski se souvient de ce tout petit garçon âgé d’un an « qui réagissait particulièrement bien au rythme. Quand je jouais un morceau rapide, il bougeait, et quand je changeais pour une pièce plus lente, il restait immobile. »

«Les pièces que j’interprète doivent être diversifiées et lumineuses»

Nina Sofronski

Pour sa part, Fanny Casas a été frappée par un enfant qui avait des problèmes d’audition. « Il n’aimait pas porter son appareil auditif. Mais, dès que la pianiste arrivait, il demandait à le mettre. On voyait bien, à son sourire, que le concert lui plaisait. » Les parents, eux aussi, savourent ces intermèdes de musique à l’hôpital. Parfois, « prenant leur enfant dans leurs bras, ils se mettent à danser », témoigne Nina Sofronski. Les interventions de la pianiste « apportent de la gaieté dans le service et offrent une bulle dans un autre espace-temps aux enfants et à leurs parents. Mais aussi au personnel soignant qui profite de ces temps d’échange, de ces moments suspendus dans leurs journées de travail. La musique n’est pas un soin médical, mais elle soigne le moral, ce dont on a aussi besoin », ajoute Fanny Casas.

Monté sur roulettes, le piano se déplace de chambre en chambre.
Monté sur roulettes, le piano se déplace de chambre en chambre.

Échange, mais aussi, partage. Ce sont les termes qu’emploie Nina Sofronski. Pour la professeure de piano, de même que pour ses élèves, qu’elle emmène parfois à l’hôpital, ces interventions sont « des moments où l’on peut partager notre amour pour la musique et constater que celle-ci peut vraiment être utile », poursuit la pianiste, qui a fait des émules. Ayant appris que l’établissement disposait d’un instrument, Alexandre Lévêque, un gymnasien, vient bénévolement pendant son temps libre donner des récitals pour les adultes qui sont, comme les enfants, hospitalisés au 7e étage. Fanny Casas encourage celles et ceux qui voudraient l’imiter et conclut : « Si vous savez jouer du piano, venez ! ».

« Cela crée une autre dynamique »

Marine, maman de Sophie, 2 ans et demi

« Ma fille aime beaucoup la musique. Au début, elle partait au bloc opératoire au moment où la pianiste, Nina Sofronski, arrivait et elle était triste de ne pas pouvoir l’entendre. Maintenant qu’elle est plus grande, ses interventions se font un peu plus tard dans la matinée et elle est ravie de pouvoir l’écouter. La pianiste l’installe même parfois devant l’instrument pour qu’elle puisse essayer de jouer. Même si l’hôpital est accueillant et qu’il offre beaucoup de jeux et d’activités pour les enfants, cela reste un hôpital. Avoir quelqu’un qui vient de l’extérieur, cela fait du bien et crée une autre dynamique. La musique est apaisante. »

Quand il pose ses mains sur celles de la pianiste, l'enfant oublie tout du contexte hospitalier et se concentre sur la musique.
Quand il pose ses mains sur celles de la pianiste, l’enfant oublie tout du contexte hospitalier et se concentre sur la musique.

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